L’idéalité selon TRIZ : formule logique et magique pour l’innovateur !

L’Idéalité est un concept-clé et un point de référence absolu pour la méthode TRIZ ; elle est ou devrait être un point de focalisation pour tout innovateur, concepteur ou gestionnaire du changement.

L’idéalité se représente habituellement sous la forme d’un ratio ; on peut l’exprimer de 3 manières équivalentes :

Apprécier la performance quantitative d’un système

L’aspect formule mathématique est trompeur : l’idéalité n’est pas un calcul quantitatif, c’est une apprécisation qualitative : l’évaluation de ce que le système apporte de bon par rapport à ce qu’il coûte (ou abîme) ou encore la mise en parallèle de « Tout ce que je veux » versus « Tout ce que je ne veux pas ».

Il s’agit d’auditer la performance d’un système (produit ou service, simple ou complexe) de la manière la plus complète et la plus honnête (objective) possible :

  • En commençant par adopter un point de vue spécifique, le plus souvent celui de l’utilisateur,
  • Pour ensuite inventorier et apprécier tous les effets positifs et les effets négatifs du système donc :
    • Tous les outputs : tout ce que le système produit comme effets, désirés ou pas, à court ou à long terme ;
    • Tous les inputs : tous les coûts, au sens large, nécessaires à l’acquisition, à l’utilisation et à la fin de vie du système.

Au terme de la réflexion, on obtient en quelque sorte la performance qualitative du système.

Pratiquement ou stratégiquement, comment utiliser l’idéalité ?

Ue fois ce bilan dressé, vous ne pilotez plus à l’aveugle. Puisque l’objectif est d’augmenter l’Idéalité, vous avez mathématiquement quatre leviers d’action :

  1. Augmenter les fonctions utiles (faire plus).
  2. Diminuer les coûts (faire moins cher).
  3. Diminuer les fonctions nuisibles (faire plus propre/sûr).
  4. Combiner ces actions (faire plus avec moins).

A priori, l’idéalité ressemble à une formule relativement banale voire simpliste. A posteriori, c’est une formule magique. Pourquoi ? Parce qu’elle invite à regarder là où les concurrents ne regardent peut-être pas (des paramètres négligés, des fonctions nuisibles cachées, des coûts invisibles). Par ailleurs, cela vaut la peine d’identifier, de façon plus ou moins exhaustive, les effets positifs et négatifs d’un système. On n’en sait jamais assez !

NE PAS CONFONDRE l’Idéalité (le ratio de performance vers lequel on tend) avec le Résultat Idéal Final (RIF), un autre concept-outil TRIZ qui vise invite à imaginer une fonction sans système dédié, autrement dit à concevoir une Solution Idéale.

Pour jauger l’idéalité, il faut logiquement considérer les attributs et avoir une approche systémique.