Des solutions TRIZ pour « hacker » la malbouffe ?

Les pouvoirs publics tentent de barrer la route à la malbouffe. Certains pourraient emboîter le pas au Royaume-Uni qui interdit la publicité (tv et internet) aux aliments responsables du fléau qu’est l’obésité infantile. Une mesure, certes salutaire, mais qui restera insuffisante.
Alors, à part limiter la communication sur les aliments-poisons, quelles autres solutions envisager ?

Une question qui pourrait amener à en poser une autre : Quelles solutions pourrait-on extrapoler à partir des principes issus de la matrice ? C’est par ailleurs l’occasion de démontrer que TRIZ, conçu pour des besoins techniques – technologiques, peut aussi intervenir par rapport à d’autres profils de problèmes.

Ce schéma résume les éléments contradictoires, les paramètres qui y correspondent au mieux et les principes (extraits de la matrice) à extrapoler :

Quelques interprétations et propositions de solution focalisées sur des mesures généralement coercitives considérant que tous les industriels ne sont pas vraiment (encore) disposés à jouer pleinement la carte santé ou que le pouvoir politique n’est pas (encore) prêt à mettre vigoureusement les points sur les i :

  • Principe #2 : Extraction – Séparation
    • articles isolés, dans zone distincte et sobre voire très peu appétissante
    • articles emballés par un descriptif clair et visuel de tous les ingrédients et informations objectives
    • emballages volontairement hideux (ex: noir & blanc)
  • Principe #19 : Action Périodique
    • articles (gammes) en vente uniquement par épisodes (ex : 1 semaine / mois, durant un trimestre …)
    • imposer un temps d’attente minimum dans les restaurants fast-food (ex : minimum 10 minutes chrono entre la commande et la livraison)
  • Principe #13 : Inversion
    • cadeau offert aux enfants (fast-food) sous condition (ex : repas accompagné d’une salade ou pas de soda ou …)
  • Principe #10 : Action Préalable
    • emballages disgracieux, accompagnés d’images négatives et suggestives (cf. paquets de cigarettes)
    • application d’un système similaire au « ticket de rationnement » (ex : inscription préalable sur un site)
    • obligation formelle d’apposer un Nutriscore normalisé (solution simple … si elle n’était pas d’ordre politique)
  • Principe #28 : Remplacement Système Mécanique
    • suggère d’utiliser (en complément) d’autres canaux sensoriels : odorat, vue, … soit pour dévaloriser les produits malbouffe, soit pour valoriser les produits sains
  • Principe #38 : Oxydants
    • rendre plus « fun » (« oxyder ») l’achat et la consommation d’aliments sains
  • Principe #24 : Intermédiaire
    • interdiction de solliciter, à titre gratuit ou onéreux, l’intervention de personnes (ex : des stars) dans toute publicité pour malbouffe
    • obligation de faire certifier les ingrédients (nutriscore) par organisme tiers indépendant.

Les pistes suggérées n’apportent que des solutions de second ordre ou partielles ; le problème en question est complexe, les solutions les plus efficaces se trouvent à des niveaux supérieurs : éducation, (bonne) volonté des parties prenantes, etc.

L’objectif de cette démonstration n’était pas de fournir une solution « miracle » prête à l’emploi, mais de démontrer que TRIZ est un catalyseur de créativité aussi pour les problèmes humains.