Innover par l’inactivité : le potentiel caché des temps morts

La majorité des systèmes – ou, plus concrètement, des produits et des services – connaissent deux états : un temps d’action ou d’usage, et un temps d’inaction ou d’inutilisation. Deux exemples : un scanner est soit en cours d’usage, soit inutilisé ; une garderie d’enfants est ouverte ou fermée.

Il existe des exceptions, à commencer par les systèmes qui ne s’arrêtent pratiquement jamais (ex. : une horloge) ou obligatoirement jamais (ex. : une centrale nucléaire). Sans oublier les systèmes dont la fonction est prolongée (voire remplacée) par un autre, généralement grâce à la technologie (cf. les distributeurs de billets et les boutiques et autres services en ligne). À l’inverse, il n’est pas toujours possible ni envisageable qu’un système (ou sa fonction principale) soit toujours opérationnel ; il n’y a en effet aucune raison qu’un stylo ou qu’un vélo fonctionne sans arrêt.

Il n’en reste pas moins que les temps de repos ou les pauses sont parfois une ressource, illustration avec un concept présenté en 2018 par Yanko Design :

Rien de révolutionnaire à première vue mais quelle inventivité, quelle exemplarité !

D’une part, le système assure trois besoins différents (anti-vol, pied et feu arrière de vélo). D’autre part, c’est une innovation « 24/7 » (24 heures sur 24, 7 jours sur 7) parce qu’elle délivre, à tout moment, au moins une fonction utile et elle exploite les deux temps de son super système, le vélo.

Alors voici l’idée ou plutôt une direction pour en chercher une : le système que vous étudiez a-t-il un temps mort, alors cherchez à le mettre à profit ; quelle autre fonction utile votre système pourrait-il réaliser ? Et du côté du super système, y a-t-il des pauses ou des périodes d’inactivité exploitables ? En somme, creusez-vous les méninges pour rendre le système … « durable » !