Vous avez probablement une idée de ce qu’est l’inertie mécanique que l’on peut définir ou résumer très simplement comme la difficulté relative d’un corps à se mettre en mouvement OU à modifier son mouvement. Mais l’inertie ne frappe pas que les objets, elle affecte également les humains, parfois sur le plan physique, et terriblement sur le plan intellectuel.
Qu’est-ce que l’Inertie Psychologique ?
L’inertie mentale (ou psychologique) désigne notre tendance naturelle à suivre les voies neuronales les plus fréquentées. C’est ce pilote automatique qui nous empêche de nous détacher de la première impression, de sortir du cadre ou de remettre en cause les hypothèses de départ.
C’est un état inconscient qui transforme nos habitudes de pensée en contraintes inutiles et auto-imposées.
Test : Êtes-vous victime d’inertie mentale ?
Répondez spontanément à ces deux quesitons, à votre premier avis :
- Combien de mois comptant 28 jours y a-t-il dans l’année ?
- Dans une pièce, il y a 12 bougies allumées. Subitement un courant d’air provoque l’extinction de 11 bougies. Combien en reste-il dans la pièce ?
Si votre réponse à ces deux questions n’est pas égale à DOUZE, considérons que vous êtes tombé dans l’ornière de l’inertie mentale.

Les quatre murs de la prison mentale !
Cette forme de paresse – insconsciente – mentale repose sur quatre facteurs principaux :
- La terminologie : Les mots ne sont pas innocents, ce sont des ornières. Dire « tournevis », c’est déjà fermer la porte à d’autres moyens de « visser ».
- L’expérience ou la tare de l’expert : Plus on est expérimenté, plus on est conditionné par les solutions du passé, surtout celles qui ont fonctionné. Sans oublier le « On a toujours fait comme ça ».
- La spécialisation : Un marteau voit tous les problèmes comme des clous.
- L’implication personnelle : Plus on a « le nez dans le guidon », moins on a de recul pour voir la route alternative.
Comment lutter contre l’inertie mentale ?
Il n’y a pas de remède radical à l’inertie mentale. On peut la réduire. En commençant par s’en méfier, en lui mettant des bâtons dans les roues. En recourant, pourquoi pas, à l’une de ces tactiques :
- Être très ambitieux (cf. les opérateurs STC) et même viser l’impossible (cf. le RIF) ;
- Bannir le jargon technique, rephraser avec des termes simples ;
- Reformuler en termes plus abstraits (cf. l’échelle d’abstraction) ;
- Réfléchir au niveau fonctionnel et pas au niveau opérationnel ou technique (ex : préférer « je veux que l’herbe reste courte » à « je veux une tondeuse plus efficace ») ;
- Schématiser, lorsque le problème s’y prête ;
- Placer le problème dans son contexte systémique (cf. les 9 écrans) ;
- Transposer le problème dans un autre secteur ou un univers complètement différent (cf. l’analogie) ;
- Multiplier les points de vue, en réfléchissant en groupe – si possible pluridisciplinaire ;
- Inverser en imaginant comment entraver le système plutôt que de l’améliorer !
L’inertie mentale n’est pas un défaut d’intelligence, c’est un mécanisme d’économie d’énergie du cerveau. Mais pour l’innovateur, c’est l’ennemi public n°1 et c’est pour cette raison que la méthode TRIZ recommande de commencer par briser cette inertie avant même de chercher des solutions.
Ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si Genrich Altshuller, le père de la méthode TRIZ, était également un écrivain de science-fiction (nom d’auteur : Genrikh Altov). Cette capacité à imaginer des mondes futurs et à s’affranchir des contraintes du réel a sans doute nourri sa compréhension des mécanismes de l’innovation.






