MoSCoW pour catégoriser et hiérarchiser des priorités

La technique dont il va être question a été mise au point par un collaborateur d’Oracle. Intervenant au cours de la planification d’un projet, elle sert à structurer les demandes du client (du projet) en quatre catégories, chacune de ces catégories représentant un niveau de priorité.

Mais MoSCoW n’est pas qu’un simple acronyme destiné à la gestion de projets informatiques. C’est une structure mentale puissante pour organiser la réflexion, rédiger un cahier des charges ou même dynamiser un brainstorming.

Son petit secret ? Elle ne se contente pas de dire ce qu’il faut faire, elle invite également à fixer clairement ce qu’il ne faut pas faire.

Un acronyme pour quatre niveaux d’attentes

  • M — Must have (ce qui est vraiment indispensable) vise les besoins primaires. Sans eux, le projet est un échec. C’est le socle vital de votre offre.
  • S — Should have (ce qui est important) pointe les besoins secondaires. C’est le « confort » nécessaire, mais dont la livraison pourrait être différée sans bloquer l’usage.
  • C — Could have (les bonus) pour les (bonnes) « surprises » ou les « petits plus ». Ce serait chouette de les avoir, mais ils passent à la trappe en cas de manque de ressources. C’est ici que se niche souvent l’effet « Wow ».
  • W — Won’t have (les exclusions) pour ce que l’on ne veut vraiment pas ! Le « W » sert à lister les points délibérément écartés (pour l’instant ou définitivement) ou ce que le produit ne doit absolument pas être.
    • Attention : ici je détourne légèrement la méthode originale ! Dans sa conception intiale, le W est destiné à collecter les points qui sont mis au frigo, gardés pour plus tard.

MoSCoW au-delà de la gestion de projet !

Au-delà de la simple hiérarchie Haute / Moyenne / Faible, cette structure est un petit couteau suisse pour l’innovateur :

  • Pour le Brainstorming : Au lieu de lancer des idées en vrac, forcez les participants à remplir les quatre cases. Cela structure immédiatement la production d’idées.
  • Pour l’Analyse de la Valeur : Elle permet de confronter le coût d’une fonction (le « Could have » coûte-t-il trop cher ?) à son utilité réelle.
  • Pour la Clarté Stratégique : En définissant le « Won’t have », vous protégez votre équipe contre le « Scope Creep » (la dérive des besoins) et vous gardez une ligne directrice claire.

Le « W » est peut-être votre meilleur allié pour la créativité. Savoir ce que l’on ne veut pas permet souvent, par contraste, de mieux définir ce qui rendra votre solution unique. Effectivement, éliminer est souvent plus porteur qu’ajouter !