Note préliminaire : cette page aborde les bases de l’analyse systémique selon la méthode TRIZ ; il existe bien sûr d’autres théories et pratiques systémiques.
Lorsque vous entendez : « Pour résoudre ce problème, commencez par adopter une démarche systémique ! », quelle suite d’idées ou d’intentions avez-vous à l’esprit ? N’est-ce pas un peu « tarte à la crème » tout ça ?
Ce n’est pourtant pas compliqué (sic) ! Comme l’aurait dit Monsieur de La Palisse, pour avoir une démarche systémique il faut commencer par le début : avoir un regard systémique. Quant à Monsieur Altshuller (TRIZ), il vous dirait de ne pas compliquer les choses : découvrez et analysez simplement le Système en prenant en compte ses Sous-Systèmes et son Super-Système.
Vous allez voir, c’est plus concret et exploitable qu’il n’y paraît au premier abord.
Un système ?
Pour TRIZ, un système répond à une double définition :
- Un système est un groupe de composants interconnectés et interagissant les uns avec les autres. La symbiose entre les composants procure au système des propriétés qui lui sont propres. Ainsi, selon l’expression consacrée, “un système est un tout qui est supérieur à la somme ses parties” !
- Tous les systèmes – du moins ceux créés par l’homme – sont destinés à assurer une voire plusieurs fonctions. Par inversion, un système qui ne réalise aucune fonction utile n’a aucune raison d’être.
“Sous-Systèmes” et “Super-Système”
Tous les systèmes, sans aucune exception, sont composés de Sous-Systèmes et évoluent dans un Super-Système.
- Les Sous-Systèmes sont les parties, les éléments, les sous-ensembles, … qui constituent le système. Une moto est un système composé notamment des sous-systèmes cadre, amortisseurs, moteur, réservoir, guidon, roues, …
- Le Super-Système correspond à tout ce qui environne le système. Un système n’existe jamais de manière isolée, il ne réalise pas sa ou ses fonctions en autarcie mais il « vit » et interagit dans un environnement (constitué d’autres systèmes). Dans le super-système de la moto on trouve entre autres le pilote et son équipement (casque, …), les autres véhicules et usagers de la route, les conditions météorologiques, le code de la route, les stations-service, etc.
- Il n’est pas interdit d’ajouter un niveau d’analyse – l’Environnement – regroupant ce qui gravite sans interagir avec le système. Mais il est généralement plus simple de s’en tenir à un seul niveau supérieur, le super-système.
Tout est dans tout !
Une autre expression consacrée qui pourrait très bien illustrer ces deux évidences :
- Un système est très souvent le sous-système d’un autre. Ainsi, le maillon est le sous-système de la chaîne, la chaîne étant un sous-système de la transmission, la transmission étant un sous-système de la moto.
- Un système est toujours un élément du super-système d’un autre système. Par exemple, la moto appartient au super-système du casque.
Exemple récapitulatif
Après l’essentiel de la théorie, une illustration. Prenons un objet banal : un classeur (à levier ou à anneaux).

Le point d’analyse, le point de départ est le système, le classeur ayant comme fonction(s) d’organiser, de conserver, de stocker des informations (nb : on privilégie des formulations raisonnablement « abstraites »).
Il est composé des sous-systèmes suivants : une structure, un recouvrement, de la colle, un mécanisme (anneaux), des rivets (pour fixer le mécanisme à la structure).
Dans son super-système, on trouve tout ce qui interagit ou est susceptible d’interagir de près ou de loin. Ce sera principalement les utilisateurs, l’armoire ou l’étagère de rangement, les feuilles et intercalaires à l’intérieur du classeur, la mallette dans laquelle le classeur sera peut-être transporté, etc. Sans oublier les systèmes concurrents c’est-à-dire ceux qui assurent une fonction similaire ; ainsi l’archivage électronique est un système concurrent du classeur.
Pour (commencer à) adopter une démarche systémique, il faut commencer par prendre en compte les éléments du super-système car c’est généralement au niveau du super-système que se trouvent les sources des problèmes et les risques de perturbations. C’est également à ce niveau que se situent les ressources disponibles.






