Par définition, la pensée automatique (cf. Système 1 vs Système 2) est notre mode par défaut. Adéquat pour de nombreuses actions récurrentes, inadéquat pour la plupart des opérations nécessitant une réflexion délibérée et posée. Il y a une action relativement simple pour débrancher notre pilote automatique intérieur : pratiquer la métacognition !
Métacognition ?
La métacognition désigne littéralement penser sur sa propre pensée. C’est, par analogie, la tour de contrôle qui donne l’injonction de (re)passer en pilotage manuel pour vérifier notamment que les moteurs ne chauffent pas et que la trajectoire est correcte. Une seconde analogie : pratiquer la métacognition équivaut à se regarder dans un miroir, à ceci près que l’on n’y observe pas son reflet physique, mais son propre fonctionnement mental.

Pratiquer la métacognition, de manière efficace, revient à être lucide quant aux conditions et aux performances de sa propre réflexion.
Comment prendre de la hauteur ?
Pour observer, évaluer et réguler sa pensée, il faut marquer une pause et engager un questionnement. Différentes questions sont envisageables, les suivantes doivent normalement aider à démasquer les faiblesses les plus courantes dans un contexte de résolution de problème.
- Ai-je bien cerné le problème ? L’ai-je abordé sous différents angles ou échelles d’abstraction ?
- Ai-je collecté les informations nécessaires ? Ai-je posé toutes les bonnes questions ? (cf. QQOQCCP).
- Ai-je identifié la cause racine, ou suis-je en train de traiter un simple symptôme ?
- Ai-je intégré les tenants et les aboutissants ? Ai-je une vision systémique ou une vue étriquée de la situation ? (cf. 9 écrans TRIZ).
- Ai-je pris le temps nécessaire ou suis-je dans la précipitation ? La nuit porte conseil, surtout pour les décisions irréversibles !
- Quel pilote commande : la pensée critique ou une émotion incontrôlée ? Plus largement, mon état mental est-il adéquat ?
- Vais-je adopter une solution par défaut, ou chercher une issue inventive (cf. ressources) ?

À cette liste de questions, il conviendra d’ajouter l’application de modèles mentaux. Mais c’est un vaste chapitre à traiter, à part entière, une prochaine fois.






