Le Mindware repose sur une « évidence aveugle » : s’il est impossible de modifier la structure physique de notre cerveau (le hardware), il est en revanche possible – moyennant prise de conscience et métacognition – de l’utiliser différemment. À défaut de pouvoir changer le « processeur », on peut, fort heureusement, lui (faire) appliquer des procédés plus efficaces.
La raison d’être du concept proposé par David Perkins est d’échapper aux “quatre pièges de l’intelligence” à savoir une pensée hâtive, étroite, floue et désorganisée. Pour ce faire, le Mindware se compose de stratégies, d’attitudes ou d’habitudes qu’une personne peut acquérir afin d’accroître les performances de sa pensée critique et créative.
A piece of Mindware is anything a person can learn – a strategy, an attitude, a habit – that extends the person’s general powers to think critically and creatively.
Sur le plan conceptuel, c’est clair. Sur le plan opérationnel par contre, on reste sur sa faim. Pire, il n’y a rien à se mettre sous la dent, l’auteur ne répondant pas à la question spontanée “So what ?”. Alors comment rendre le Mindware un peu plus concret ? Comment lui faire descendre un ou deux échelons de son échelle d’abstraction ? Quelles pourraient être les socles pour articuler un Mindware ?
Une approche consiste à prendre en compte (toutes) les opérations utiles ou nécessaires à la pensée critique et à la pensée créative pour en extraire les fonctions fondamentales. Il y en a trois, trois fonctions suprêmes ou trois méta-stratégies inévitables ou imparables pour bien ou mieux réfléchir : Structurer – Déstructurer – Restructurer.

- Le socle ou le pilier STRUCTURER inclut les outils qui filtrent, organisent, hiérarchisent, mettent en relation ou augmentent le sens.
- Le second, DESTRUCTURER, porte les outils qui “ébranlent”, mettent en question ou remettent en cause ; ce stade privilégie la pensée critique et la métacognition autrement dit, la pensée lente. Le terme « discernement » qualifie, avec une certaine subtilité, ce stade.
- RESTRUCTURER est le moment ou le lieu de la reconfiguration, de l’imagination ; c’est le socle prioritaire pour la divergence, la pensée créative, la recherche d’alternatives.
De manière imagée, ces trois socles sont les tiroirs du (coffre à outils) Mindware. Il revient à tout un chacun de sélectionner, pour chaque compartiment, l’un ou l’autre outil à privilégier, à choisir éventuellement parmi ceux qui sont déjà référencés sur ce site ou développés dans le cadre des prestations de services.
Ne prenez pas la peine de chercher un outil aux superpouvoirs, il n’y en a pas. Si superpouvoir il y a, c’est au niveau de l’accessibilité et de la polyvalence de certains leviers.
Nous n’en avons certainement pas encore fini avec le Mindware, il y a encore beaucoup de choses à en extraire et à y greffer.
NDR : cet article a été publié en 2010 et réécrit en 2026.






