Dans une démarche d’optimisation ou d’innovation, la solution idéale n’est pas forcément la plus sophistiquée. C’est souvent la plus simple, celle qui délivre le résultat escompté avec un minimum de ressources, de contraintes et d’effets secondaires. Par déduction, une solution idéale est celle qui procure tous les bénéfices recherchés sans aucune contrepartie, sans aucun input, donc sans système dédié. Par extension, le système idéal est celui qui n’existe pas !
Utopie ? Pas nécessairement ! Inutile ? Bien au contraire ! Pour TRIZ, le concept de solution idéale ou plus exactement de “Résultat Idéal Final” (RIF) a un double rôle : d’une part, tirer l’imagination vers le haut en favorisant des solutions à la fois simples et ambitieuses, d’autre part, animer le Trimming.
Trimming ?
Trimming a plusieurs traductions : élagage, allègement, simplification, rationalisation, etc. Dans le cas présent, les plus significatives sont simplification fonctionnelle ou rationalisation par transfert de fonction.
Le TRIMMING est l’art de faire la même chose, voire davantage, avec moins !
Cette démarche vise à simplifier un système et, si possible, accroître son idéalité en faisant réaliser une fonction par un autre composant que celui qui l’assurait précédemment ou encore par un élément du super-système.
A côté des méthodes rigoureuses d’analyse fonctionnelle, le Trimming peut se pratiquer de manière assez intuitive :
- Commencer par relever les éléments du système et de son environnement direct (super-système de proximité) à l’aide, par exemple, d’un diagramme multi-écrans ;
- Pour chaque élément répertorié, (re)définir sa fonction essentielle (synonyme : sa raison d’être) ;
- Ensuite, évaluer si un autre composant du système ou du super-système peut assurer la fonction en l’état ou moyennant une adaptation raisonnable.
De toute évidence, un travail de groupe associant expérience et candeur ou encore un duel équipe bleue – équipe rouge est certainement un atout.
Le jeu de mots est facile : Il faut parfois trimmer pour aboutir au Trimming ! Par contre, le jeu en vaut la chandelle comme les deux exemples suivants le donnent à penser.
Deux illustrations
Le premier exemple est d’ordre technique et illustre le transfert d’une fonction essentielle vers un autre composant du système : Depuis quelque temps, certaines baignoires n’ont plus de bec verseur ; le remplissage est toujours commandé par un mitigeur (simplifié et encastré) tandis que l’alimentation s’opère par le système de trop-plein assurant ainsi deux fonctions essentielles : l’arrivée d’eau et la protection contre le débordement. Le bec verseur n’a plus de raison d’être.

Deuxième exemple, d’ordre organisationnel avec transfert au super-système : Dans les grandes et même les petites surfaces, des tâches qui étaient autrefois assurées par les vendeurs, les magasiniers, les opérateurs de caisse, … sont dorénavant prises en charge par le client : self-service, self-scanning, self-checkout, etc. Le « self » s’implante aussi de plus en plus dans d’autres secteurs : banques, services postaux, stations-service, etc. Parmi les nouveaux Business Models, certains s’appuient sur une simplification fonctionnelle.
Simplifier sans perte de fonction
Le Trimming, du point de vue de la méthode TRIZ, équivaut à un déplacement créatif : on supprime l’élément qui l’assurait tout en transférant intelligemment cette fonction ailleurs ; la fonction principale du système est inchangée. Ce procédé est un cousin germain de la soustraction créative qui elle donne naissance à un système relativement distinct à l’instar de la draisienne.
Les opérations de Trimming se concrétisent très souvent au travers des 40 principes inventifs TRIZ, certains plus souvent que d’autres. On en reparle bientôt.





